dimanche 2 juillet 2017

J'ai l'impression de pouvoir m'envoler à chaque coup de vent

I have confidence issues. Ce n'est pas nouveau, je le sais depuis plusieurs années. Je pense que cette fragilité est apparue pendant mes années lycée : j'étais dans un tout nouvel environnement qui m'a beaucoup déçue parce que j'avais choisi ce lycée avec beaucoup d'attentes et qu'il s'était révélé plutôt nocif pour moi. Pas forcément de la faute des élèves et des professeurs, même si, pendant longtemps, c'était ce que je voulais me faire croire. En tout cas, pas uniquement de leur faute. 


Quand j'essaie d'analyser ce qu'il se passait dans cette période, j'ai le cœur qui se serre et les larmes qui me montent aux yeux. J'ai accumulé beaucoup de frustrations pendant ces trois années là. Mon ego en a pris un sacré coup, à vrai dire. Je voulais ce lycée là pour le prestige, pour trouver des personnes un peu plus comme moi, par rapport aux élèves que j'avais l'habitude de côtoyer au collège, qui me prenaient un peu pour un ovni parce que j'aimais beaucoup l'école et que j'avais l'impression de m'y découvrir, d'être incroyablement plus intéressante que je ne le pensais, notamment aux yeux des professeurs et de mes amis. J'avais une haute opinion de moi-même à travers les yeux de mes camarades et de mes professeurs. 

Arrivée au lycée, je suis tombée de haut : je n'avais rien de spécial, en vérité, et même pire que cela. J'étais à nouveau un ovni aux yeux de tous, mais pas de la même façon qu'au collège. Cette fois, j'étais l'outsider, celle qui s'est retrouvée là seulement grâce à ses notes, pas du tout parce que c'était son milieu. J'étais celle qui n'avait pas du tout les mêmes habitudes de vie, qui ne connaissait rien, même, à cette vie lycéenne occidentale, parce que mes parents n'y connaissaient rien et la voyaient même d'un mauvais œil, alors il était exclu pour eux que je "traîne" après le lycée, que je fasse des sorties ou quoi. 

Cette frustration par rapport au "non" catégorique de mes parents m'a fait beaucoup me priver, parce qu'à force, je ne voulais plus leur demander quoi que ce soit. J'étais trop fière pour pouvoir essuyer un refus de plus de leur part. Je ne voulais pas leur montrer que j'avais envie de faire ces choses là, je ne voulais pas leur montrer que j'étais pleine, mais pleine d'envie. 

Je me faisais passer pour la fille blasée, maussade, réaliste, que je n'étais pas, pour qu'ils pensent que c'était juste mon caractère. Alors qu'en réalité j'étais une totale ingénue et je rêvais juste de pouvoir pétiller de vie. 

Je suis toujours aussi fragile. Les échecs de ma vie m'ont beaucoup secouée, parce que je n'avais pas l'impression d'être douée ailleurs qu'à l'école, alors tout ce qui s'est mis en travers de ma scolarité, les dépressions, tout ça... quelque part c'est un peut de ma faute, c'est moi qui ait décidé de faire tout ce qui m'a éloigné de mes cours, par esprit de rébellion ou je ne sais quoi, par envie de me prouver que moi aussi je pouvais faire plusieurs choses en même temps, alors que non... 

J'ai acquis cette fragilité et c'est quelque chose qui est devenu récurrent. Le fait de me sentir invincible pendant un temps jusqu'à me dire que "c'est bon ça se passera bien" avant de me prendre un mur dans les dents et de retourner me cacher en me disant "qu'est-ce qui t'a pris, tu t'es sentie pousser des ailes, mais tu ne SAIS PAS voler". 

Je suis prudente parce que j'ai constamment peur. J'ai peur d'oublier que je ne suis pas forte, que ce n'est pas facile pour moi, que rien ne m'est donné. Mais je passe mon temps à m'auto-défier comme ça et à me prendre sans arrêt cette dure réalité dans la face. 

Est-ce que ça signifie que j'ai du mal à accepter ma fragilité ? Que mon ego essaie tant bien que mal de se dire que j'ai quelque chose en plus alors qu'en réalité il n'en est rien ? 

Je pense que c'est ça l'histoire de ma vie. Mon tourbillon de tourments. 

Actuellement je suis dans une de ces passades où je me cache, où j'ai peur. Où j'ai l'impression de pouvoir m'envoler à chaque coup de vent. C'est ce qui me tient éveillée la nuit. 


1 commentaire:

  1. Être ovni, comme je comprends... On essaye de se fondre dans la masse, on essaye d'apprécier ce que les autres apprécient. Ça peut fonctionner et nous rendre heureux un bout de temps, mais le bout n'est pas long à finir hein? Moi aussi, arrivée à un degré supérieur de scolarité, je me suis rendue compte que je n'étais pas meilleure que les autres. C'est peut-être dû au fait que j'étudie dans un domaine très compétitif, en musique, et que même si on n'ose pas l'avouer tout haut, tous les musiciens se comparent à ses pairs. C'est assez irrationnel de notre part, car personne n'est au même niveau! Se comparer à quelqu'un qui a 5 ans d'expériences de plus que nous peut juste nous rendre malheureux et élargir notre fragilité à encore plus grande échelle.

    Je suis contente de revenir sur Blogger, je redécouvre des gens comme toi dont les articles m'intéressaient beaucoup! Je te souhaite de bonnes vacances! (et si tu continues à étudier, je te souhaite un été plaisant!)

    Mab xx

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