jeudi 17 novembre 2016

Un mois et demi de stage plus tard

L'externat a débuté pour moi cette année. J'ai commencé par un mois en cabinet chez le praticien, avant d'enchaîner avec un mois à l'hôpital, en réanimation médicale : autant dire que la différence de régime est... effarante. On est loin de la tranquillité du médecin à son compte. 


C'est le premier jour qui a été le plus difficile pour moi. Je ne m'y attendais pas, en fait. J'étais stressée, comme n'importe qui le serait à son premier jour de stage. Ensuite, une fois qu'on en eut fini des explications, c'était déjà l'heure d'être affectés à nos unités (le service est divisé en 3 unités). 

Première année d'externat = connaissances zéro. J'ai fait preuve de beaucoup d'attention, et je crois que ça allait tellement vite que je ne comprenais pas tout ce qu'il se passait autour de moi. Je pense que j'avais sans nulle doute l'air d'être un peu (complètement) perdue. 

Le soir venu, je suis rentrée épuisée chez mon copain – j'avais besoin de quelqu'un, je m'étais sentie inutile voire bête, et par moments paniquée. En racontant tout ça, je m'étais mise à pleurer en me plaignant du fait que je n'imaginais pas ça aussi dur, que c'était horrible. Et le fait de relâcher la pression comme ça m'a retourné l'estomac, j'ai couru à la salle de bain... 

Je me suis endormie toute vaseuse dans les bras de mon doudou qui me rassurait calmement. 

Le lendemain matin, je me suis levée sans broncher et j'y suis retournée, en me promettant de ne pas faire les mêmes erreurs que la veille. Et ce fut ainsi tous les jours jusqu'à aujourd'hui. 


Je me surprenais parfois, sur le trajet vers l'hôpital, à me réciter calmement la technique de pose de cathéter artériel, ou bien l'ordre dans lequel je devais examiner un patient lors d'une admission, ou encore mes moyens mnémotechniques d'interprétation d'un électrocardiogramme.

Mon premier vrai stage prendra fin le 30 de ce mois. Il y a eu des hauts et des bas, je n'ai pas pleuré qu'une seule fois, j'ai appris beaucoup de choses mais j'ai aussi fait face à l'immensité de mon ignorance. Ce qui est assez déstabilisant quand on a passé 3 ans le nez dans les bouquins. Ces stages sont nécessaires, primordiaux, indispensables. Ils peuvent être tranquilles comme ils peuvent être infernaux, mais on ne se rend pas bien compte de la réalité sur les bancs de la fac. 

Il paraît que j'ai commencé par le stage le plus difficile, mais aussi le plus formateur. Je me suis pris une claque dans la gueule, c'est sûr, mais ma volonté en est encore plus forte. En fait ça me motive davantage. Un peu comme si soudainement je savais ou j'en suis à ce moment précis et que je pouvais apercevoir ce qu'il me restait à accomplir, un long chemin semé d'embuches mais irrésistiblement attrayant. 

Et vous, déjà eu ce genre de révélation expectation vs reality ? 

Love always, 

2 commentaires:

  1. Bonjour Safia,
    Je fais des études de médecine en Tunisie, et même si c'est 'un peu' différent ici, je pense que la majorité des étudiants en médecine (pour ne pas dire tous) ressentent cet énorme décalage entre théorie et pratique. Mais bon, on s'accroche comme on peut, et on espère tomber sur de bons professeurs/assistants (ce n'est souvent pas le cas) pour faciliter un peu la tâche et nous aider à l'intégration de nos connaissances en vraie vie.
    Moi, mon premier stage, était à la fin de ma première année, en été, aux Urgences d'un petit hôpital régional; et le jour où j'ai fait ma première garde de nuit coïncidait avec le premier jour du mois de Ramadan. Ce jour-là il y avait un grand accident, et plusieurs victimes d'AVP,.. Bref, c'était le chaos total. J'ai fait mes premières sutures, posé des plâtres, des ECG,... et à 6h du matin le médecin de garde m'a emmené examiner un cadavre avec lui. J'ai cru que j'allais vomir, mais non, ça ne m'a rien fait après tout ce que j'ai vu et vécu. Et c'est là que je me suis dit que, finalement, je pourrais vraiment être médecin.

    LeTunisien

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    1. Merci pour ce partage. J'ai mis du temps à voir ton commentaire, avec la mise à jour de la plateforme, je n'avais pas remarqué qu'on avait répondu à l'un de mes posts. Ca a dû être la nuit la plus difficile de ta vie, mais peut-être aussi la meilleure. C'est fou comme ça rassure, avec toutes ces années de théorie, de se retrouver enfin dans notre futur métier et de se dire "je me suis pas trompée de voie, ces études sont faites pour moi".
      Je te souhaite une bonne continuation, merci encore !

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