jeudi 3 mars 2016

Le corps de la femme

Le corps de la femme, cette entité. A partir de l'adolescence, on commence à en sentir son poids. Quand on nait de sexe féminin. On sent son poids dans la société. On sent qu'avoir un corps féminin est différent d'avoir un corps masculin aux yeux de tous. 

J'ai commencé à la sentir aux yeux de ma propre famille. Comme une honte qui s'installe. Comme un sentiment awkward. Comme si on devait se cacher, maintenant, car on n'est plus vraiment un enfant. On est autre chose.


Et puis ensuite on le sent à l'école. Le poids du regard des autres. Pas des adultes, mais des autres de la classe. Mon corps est en train de changer et ça se voit et ça change tout. Et on ressent ce poids et on a honte. Alors qu'on n'a rien fait pour tout ça, on sait qu'on n'y est pour rien, et on hurle mentalement aux autres de regarder ailleurs. Aux garçons de nous regarder dans les yeux.

Une fois qu'on s'est fait à son corps, qu'on l'accepte, qu'on en est fier, qu'on l'aime, on se retrouve tout de même confrontés un bon milliers de fois à la représentation du corps féminin par les autres. Par les hommes et leurs fantasmes. Par la société et ses normes. Par les autres femmes, surtout, sans qu'elles se rendent content qu'elles énoncent des choses qui ne sont valables que parce que l'autre sexe en a, à un moment, décidé ainsi. 

Le corps féminin est toujours soit trop soit pas assez. Jamais comme il faut aux yeux de personne, on croirait. Il est trop plat, trop rond. Trop poilu trop imberbe. Trop clair trop sombre. Trop couvert ou pas assez. Trop entretenu ou pas suffisamment. Pourquoi tout ces jugements, par la société, par les hommes, par les femmes, toujours en direction de femmes qui, elles, ne s'étaient peut-être même pas vues imparfaites pour ces points là montrés du doigt ? 

J'ai pas le droit de faire ce que je veux de mon corps sans qu'on me juge ? Sans qu'on vienne me dire à moi, qui suis une femme, qui me considère indéniablement comme telle, qu'une femme devrait être plus ceci et moins cela ? Qu'y-a-t-il de mal à vouloir être femme à ma façon ? Qu'y a-t-il de mal à ce qu'il y ait toute une myriade de femmes sur terre ? Y a-t-il une quelconque beauté à vouloir uniformiser tout ça sans que ce soit le désir des premières personnes concernées ? 

J'aime beaucoup être femme. Je ne veux pas qu'on me le fasse regretter par le biais du regard pesant des autres. J'ai appris à l'ignorer. Ce n'est pas facile tous les jours, et ça l'est surement nettement moins pour beaucoup de personnes encore : pour les racisées, pour les transgenre, pour certains âges où l'on se permet de se montrer encore plus sévère envers nous, ... 

Il n'y a pas de normes pour être une "vraie" femme. Pourquoi une femme sans utérus ne serait-elle pas une femme ? Pourquoi une femme, sur la base de son look, ses préférences, ou tout autre critère ne serait-elle pas une femme ? Personne ne décide de qui nous sommes à notre place, d'autant plus sans même nous connaître. 

Portez-vous bien, 
Love always, 

1 commentaire:

  1. J'ai un article de ce genre dans mes brouillons, je me tâte à le publier...
    Quoi qu'il en soit, le tien est très parlant ! Pour ma part, les changements sur mon corps se sont surtout ressentis au niveau du poids, j'ai pris 4/5 kilos d'un coup et je l'ai énormément mal vécu... Récemment, j'ai aussi repensé au regard des hommes sur mes amies et moi. Pas des ados, des hommes. Nous sortions souvent toutes ensembles et puis des hommes ont commencé à nous siffler, à nous klaxonner et à nous gratifier de petits commentaires. Je devais avoir 13 ans et c'était assez choquant...

    J'espère que tu vas bien, plein de bisous <3

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