vendredi 18 septembre 2015

“J’ai été trop gentil, il est temps que ça change”

Je n'ai jamais compris ce type de discours. Ces personnes qui se plaignent constamment d'avoir été des “bonnes” personnes et que cela n'a fait que leur apporter des problèmes. Ces personnes qui disent : 

« Franchement, on y gagne rien à être trop gentil, on se fait juste marcher dessus. »
« Qu'est-ce que ça m'apporte ? Quand je vois ces connards qui ont tout ce que je veux, je me dis que ça sert à rien d'être gentil. »
En gros, ces personnes qui regrettent de ne pas pouvoir manquer de scrupules avec les autres, de ne pas pouvoir s'assoir sur le respect, la patience, la tolérance et compagnie. Non, je ne comprends pas. Parce que je fais partie des gens qui ont mis des années à pouvoir arriver à être satisfait de soi-même, à pouvoir se dire “Je suis une bonne personne, finalement”. Je pense que ces gens, qui glorifient l'attitude des “connards” de la société, en souhaitant pouvoir un jour en faire partie, en font déjà partie. Parce que, comme eux, ils n'ont rien compris. La vie, ça ne marche pas comme ça. 


Tu ne peux pas te plaindre sur ta pauvre petite personne d'être une “personne trop gentille” sous prétexte que personne d'autre que toi ne le remarque. Car, une vraie “personne gentille” c'est une personne désintéressée, qui ne cherche pas à être gentil pour les autres, mais pour elle-même, et qui s'en auto-satisfait. Une vraie “personne gentille” n'attend pas que les autres lui lancent des fleurs ou lui courent après pour se dire que ça fait du bien d'être gentil. Si tu cherches la gloire, tu ne la trouveras pas en pensant de cette façon. Ma gloire personnelle, c'est de pouvoir me dire que j'ai été une bonne personne avec autrui, et que même si ça ne m'a pas forcément apporté leur reconnaissance, je suis moi-même reconnaissante d'avoir pu faire cet effort désintéressé. Ca me valorise à mes yeux propres, car finalement, à qui devons nous plaire, sinon à nous-même, en tout premier lieu ? On ne peut pas plaire à tout le monde, et ce pour mille et une raisons, mais on peut tout faire pour se sentir bien dans sa peau, bien avec soi-même, sa propre personnalité, à l'aise dans ses baskets, prêt à affronter le monde.

Tu ne peux pas te plaindre sur ta pauvre petite personne d'être une “personne trop gentille” sous prétexte de t'en prendre plein la gueule alors que ça n'est pas censé se passer comme ça. On peut-être tenté de vouloir entrer dans la catégorie de “connard” pour qu'on nous fiche la paix, qu'on ne nous atteigne pas. Mais à quoi ça rime pour toi qui as toujours vécu en recherchant le contact avec les gens ? Tu vas faire semblant d'être exécrable pour te protéger, mais qu'est-ce que ça va t'apporter, sinon des relations superficielles dues à ta non-prise de risques ? Est-ce que ça va te suffire ? Juste parce que tu préfères qu'on te courre après plutôt que d'être celui qui court après l'autre ? Et après ? Tu vas les refuser, les briser, les regarder tomber en morceau, pour faire comme le ferait un vrai “connard” ou alors leur révéler ta véritable personnalité et les perdre par manque de sincérité ? C'est sur ce genre de base que tu veux construire tes relations, rien que pour pouvoir te protéger ? Ce n'est pas plutôt juste une vengeance personnelle que tu as envie d'assouvir en t'en prenant aux autres comme on s'en est pris à toi ? Tu souhaites ce qu'il t'est arrivé aux autres, alors ? Et tu vas pouvoir te regarder dans une glace avec un sourire satisfait après ça ? A quoi bon se ranger du côté des “connards” si c'est juste pour perpétuer ce dont tu as été victime, t'empêcher de connaître des relations sincères et empêcher les autres d'en faire autant ? Les nuisibles, tu les écartes de ta vie, tu n'as pas besoin de leur rendre la monnaie de leur pièce, tu es désolé pour eux qu'ils se sentent obligés de diminuer les autres pour qu'ils se sentent mieux dans leurs baskets. Toi, tu as besoin de choses vraies, de relations sincères, même si imparfaites. Des gens avec qui tu n'es pas forcément d'accord avec tout, mais qui t'apprécient à ta juste valeur et sur qui tu peux compter dans les temps difficiles. T'as pas besoin qu'ils te courent après, tu recherches juste un équilibre. Voilà tout. 


Pour moi, les personnes qui se plaignent d'être des “personnes trop gentilles qui ne sont pas vues à leur juste valeur” valent moins que ce qu'elles le croient, car elles s'imaginent que la seule bonne action qu'elles auront faite leur permet de se réclamer un dû : je suis gentil mais y a que les connards qui ont une copine, je partage la cause féministe mais elles me friendzonent direct, je suis une bonne personne mais on m'invite pas à leur fête. Efface de ta tête cette façon de voir les choses : personne ne te doit rien en fonction de tes actions. Et toi non plus tu dois rien à personne pour leurs actions envers toi. Si tu te fais traiter comme de la merde alors que tu n'as rien fait, tu as le mérite de n'avoir rien fait. Si on ne s'intéresse pas assez à toi alors que tu te sais être une personne intéressante, alors ces personnes ne te correspondent juste pas. Et si tu as l'impression que personne ne te correspond, tu as tort, et tu devrais mieux regarder autour de toi ou faire l'effort d'aller davantage vers autrui ; des milliers de personnes respirent quotidiennement le même air que toi, l'appellation “les autres” ne se limite pas uniquement aux personnes que tu es obligé de croiser tous les jours. 

Être bon, ça fait mal, ça ne marche pas toujours avec autrui, ça n'apporte pas forcément toujours des bonnes choses. Mais la vie est ainsi faite, et c'est une bonne manière d'en faire l'expérience, pour les autres, pour soi-même ; on ne gagne rien à se plaindre de ses échecs sinon se décourager soi-même et prendre les mauvaises décisions, on ne gagne rien à être mauvais, sinon à rencontrer plus mauvais que soi et à réduire à néant ses chances d'entretenir des relations, amicales, familiales, amoureuses, basées sur la confiance et la sincérité, valorisantes pour soi-même. 

Tu en penses quoi, toi, de ces personnes qui veulent passer du côté obscur de la force ? 

Portez vous bien, 

Love always, 

4 commentaires:

  1. Je suis totalement d'accord avec toi. Cela ne sert à rien de faire des choses pour ensuite recevoir la reconnaissance des autres. Il faut juste le faire parce que nous fonctionnons ici, que nous savons que nous sommes une bonne personne capable d'apporter un peu d'aide aux autres sans rien attendre en retour :)

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    1. C'est une critique assez agressive mine de rien, ce que j'ai fait, et je suppose qu'elle est surtout destinée aux personnes qui abusent de ce genre de plaintes continuelles et exaspérantes...

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  2. Bonjour Safia !

    Première fois que je commente ici, alors que je te lis depuis un moment. J’aime beaucoup ton blog, les articles se lisent très bien et je regrette de ne pas prendre plus de temps pour te poster des petits commentaires… du coup je t’ai pondu un roman pour celui-là, ahem.

    Dans le fond, je suis d'accord avec tout ton article. Mais une petite voix, venue d'assez loin, est venue me rappeler que quand j'étais plus jeune, c'était beaucoup, beaucoup plus dur de voir tout cela avec du recul. Je me souviens que je n'attendais rien du fait d'être trop gentille - d'ailleurs c'est souvent les autres qui me disaient que j'étais trop gentille, intérieurement je ne m'en rendais pas vraiment compte - si ce n'est que j'étais super contente quand je voyais que la personne souriait après que je l'ai aidé, et je voyais son sourire comme un remerciement. C'était surtout les gens plus âgés d'ailleurs...

    Par contre avec les gens de mon âge, c'était une autre histoire. Je n'étais pas gentille par choix, c'est juste que je considère normal de ne pas cracher dans le dos des gens, de ne pas se moquer d'eux, d'être polie, parce que c'était ainsi que je voulais qu'on se traite les uns les autres. Sauf que je remarquais quand même que les gens les plus populaires - dieu sait si la popularité était un concept important à l'époque - étaient souvent les plus hypocrites, et ceux qui se moquaient ouvertement des gens moins populaires. Alors oui, je me suis demandée si, pour m'intégrer, je ne devais pas critiquer moi aussi. C'est bien beau la gloire personnelle (d'ailleurs encore une fois, je n'ai jamais ressenti de gloire à ne pas être méchante. Jamais. C’était juste que je n’en ai jamais vu l’intérêt), mais à cet âge-là, on ne veut surtout pas être rejeté, alors on s’adapte, ou on essaie.

    Spoiler : je n’ai jamais pu, et c’est de moi dont on s’est moqué. Aujourd’hui, je suis fière de ne pas m’être forcée à changer pour traîner avec des personnes pareilles. A l’époque, je me sentais juste super mal. Critiquer aurait pu me protéger. Je ne l’ai pas fait, mais ça a été dur pour moi. Bref, j’aurais tendance à être plus « tolérante » avec ces gentils qui hésitent à l’être encore, principalement dans un environnement pas toujours sain, comme le collège (pour les types qui se plaignent d’être en friendzone, je ne dirais que trois mots : bande de merdes).

    Maintenant, j’ai grandi, et je refuse même l’idée de me forcer pour plaire à des gens. En entreprise, ça me pose quelques problèmes, mais au moins je suis en accord avec moi-même.

    Bref, je t’ai raconté ma vie, tutti va bene, j’espère que ça ne t’aura pas trop ennuyé, et merci encore pour tes articles réguliers !

    Bisous.
    Irina.

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    1. Merci à toi pour ta lecture régulière, Irina :).

      Je comprends ton histoire, c'est vrai que plus jeunes, on a plus tendance à se laisser influencer par ceux qui "dirigent" un peu la classe, et ce sont bien souvent ceux qui font le plus de mal autour d'eux. Plus jeune, je pense que j'ai dû aussi devoir faire face à ce genre de situation.
      Après bon, naïve comme je l'étais, je pouvais pas avoir un mauvais fond, j'étais même plutôt simplette et gaffeuse. Je le suis toujours un peu...

      On va dire que ce que j'ai écrit s'adressait plus spécifiquement aux adultes particulièrement lourds. Les enfants ne se rendent souvent pas compte, ou trop tard, de ce genre de choses... L'éducation des enfants est une chose bien compliquée.

      (je ne sais pas si cette réponse est bien construite, j'ai un peu la tête dans le brouillard)

      Bisous, en espérant te lire bientôt :)

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