dimanche 22 mars 2015

Ces filles qui n'aiment pas les filles


Sans doute avez-vous déjà rencontré ce type de problème. Moi, j'en ai fait l'expérience très tôt dans ma vie. Je pense que c'était déjà présent, à l'époque où je me faisais harceler en primaire. Et je pense même que c'est également ce qui a fait que j'ai très mal vécu mes années lycée. Je n'étais pas à ma place. Je ne me reconnaissais pas dans ce que me renvoyait l'image des autres. J'étais mal dans ma peau

A quoi fais-je donc référence ? 

Je fais référence à ce sentiment d'hypocrisie que j'ai si souvent ressenti dans mes relations avec d'autres filles. Ce sentiment de comparaison, de truc qui gêne, de malaise. Très souvent, je n'arrive pas à être confortable avec une autre fille. Surtout dans les premiers abords. Et ça me bloque terriblement. Cette impression d'être en quelque sorte jaugée, d'avoir quelque chose à prouver. Je n'ai jamais supporté ce genre de sentiment... Il me pèse, et je finis toujours par m'éloigner de la personne qui le génère. 

Pas d'affinité. C'est comme ça que je l'interprétais au commencement. 

En revenant sur mon expérience de harcèlement scolaire, j'ai quelque peu réussi à cerner le fond du problème, sans pour autant vraiment en trouver la cause réelle. Je suis presque convaincue qu'il s'agissait de jalousie. Que cette fille, qui au départ était l'une de mes plus grandes amies, avait fini par laisser tomber le voile d'hypocrisie qui déguisait sa jalousie. Ca s'est fait progressivement : avant de m'exclure socialement de ma propre classe, elle avait commencé par laisser s'exprimer sa haine en m'humiliant de temps en temps devant nos autres copines, qui prenaient toutes exemple sur elles. J'étais passée du statut d'amie à celui d'ombre à tout faire, avant de finalement devenir le souffre-douleur du groupe puis de toute la classe. C'était sournois. Ca s'est finalement retourné contre elle, et je me congratule en fait de ne pas avoir profité du retournement de situation. A cet âge, j'aurais pu facilement me laisser aller à la vengeance, mais contre toute attente, je lui ai tendu la main à nouveau. De sorte qu'en entrant au collège, l'incident était classé, et bien qu'elle ait été dans la même classe que moi à nouveau plus tard, nos rapports étaient maintenant neutres. 

J'étais (et je le suis probablement toujours) une fille assez naïve. Pas vraiment très perspicace, je voyais le monde d'un oeil positif et optimiste. Je pense que ça m'a aidé à bien vivre mes années d'exclusion, de harcèlement, tant bien moral que physique. 

Mais bien que je pensais que je n'ai jamais rencontré d'autres problèmes relationnel avec d'autres filles, j'ai fini par me rendre compte que je me trompais royalement
En fait, j'ai aussi été momentanément harcelée par une autre fille. Fille qui était également une grande amie au commencement du collège et qui avait finit par se laisser pourrir par sa jalousie et son avidité. Cette fille en elle-même ne pouvait rien contre moi, d'autant plus que je n'étais pas seule et qu'une solide amitié me liait à ma meilleure amie. Mais sa grande soeur, également inscrite au collège, profitait souvent du fait que je me trouvais momentanément seule (je me souviens plus particulièrement d'un épisode où ma meilleure amie était malade et donc absente) pour venir m'intimider. 

Je l'ignorais et je n'ai pas cédé à la panique. Et je ne cherchais pas à punir la fille dans les moments où elle était vulnérable. 

C'est marrant que je me souvienne de cette anecdote maintenant. Parce que cette fille, au départ, je pensais que c'était moi qui l'avais harcelée. En réalité, ma classe ne l'appréciait pas parce qu'ils avaient eu vent de nos différents entre elle, ma meilleure amie et moi. Bien que je m'en suis très peu plainte, elle avait monté sa grande-soeur et son grand-frère contre moi. Elle était même allée jusqu'à me voler mon carnet de correspondance un jour. J'ai surement oublié d'autres anecdotes, mais elle aussi avait eu son compte, puisque ma classe n'était pas spécialement tendre avec elle. Je me souviens plus particulièrement d'un caïd de la classe, assis à côté de moi en français, qui avait fini par s'en prendre assez violemment à elle verbalement lorsqu'il lui arrivait de faire des remarques sur mon compte. Bien sûr, je ressens un peu de culpabilité quand je pense à ce que la classe lui a fait subir, j'avais l'impression qu'elle vivait la même chose que moi ou presque quand j'étais moi-même harcelée en primaire, à la différence que je n'avais jamais cherché à m'en prendre à qui que ce soit tandis qu'elle s'en faisait une joie dès lors que j'étais seule. "Frappe la ! Vas y !" qu'elle criait à sa soeur dans nos rares moments de confrontation directe.

Ca me rassure en quelque sorte de me souvenir de ces épisodes de ma vie, parce qu'après ça, au lycée, en me rendant compte du peu d'affinité que j'avais avec les autres filles, j'avais commencé à penser que j'étais peut-être jalouse. Tellement jalouse de ces filles, bien habillées, bien apprêtées, au discours rempli de futilités, que je ne pouvais pas me lier d'amitié avec elles sans que cela ne me soit toxique. Que je m'en dénigre moi-même. 

Je pense maintenant qu'il n'en était rien. Je pense que la raison qui a fait que je n'ai jamais pu apprécier ces filles était que j'avais ressenti que leurs critères d'amitié n'étaient pas les miens. Je ne veux pas de futilité, je la fuis. J'ai subis suffisamment d'échec dans mes relations amicales avec des filles pour ne pas vouloir me mettre à nouveau en danger. Quitte à paraître comme étant solitaire et pas franchement amicale. 


L'amitié m'importe beaucoup. J'ai cru que je ne lui accordait pas tant d'importance que ça, pendant mes années lycées, parce que je m'en passais volontiers pour ces raisons d'auto-préservation. Mais en vérité, c'est la chose qui m'importe le plus. C'est une chose qui, quand j'en fais l'expérience pure et sincère, est plus chère à mes yeux que mes propres liens familiaux. 

Ca en avait étonné plus d'un lorsque j'ai continué à entretenir ma relation avec ma meilleure amie malgré les milliers de kilomètres qui nous séparent et malgré les années qui passent. On en est à combien ? Six ans ? Six années d'amitié longue distance. Et pourtant, c'est toujours aussi fusionnel. 

Finalement, je pense que je n'ai entretenu dans ma vie que trois ou quatre amitiés sincères avec la gent féminine. Les autres fois se sont toutes mal terminées, par trahison ou par abandon. Parfois les deux simultanément. Je regrette de n'avoir connu que si peu de filles aussi pures et simples que celles qui auront fait partie de ma vie. Le blogging m'aura fait discuter avec des filles que je trouve géniales et qui auraient très bien pu en faire partie.  

J'ai été, cependant, proche de beaucoup de garçons. Ce qui est quelque peu risqué parce qu'on ne sait pas forcément où commence l'ambiguité de l'amitié fille/garçon. J'ai parfois réussi à maintenir l'amitié, même jusqu'à aujourd'hui. Et parfois, l'ambiguité l'a tuée dans l'oeuf. M'enfin, cela fera peut-être le sujet d'un autre article. 




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Aux anonymes : ne pas oublier de signer.
Je réponds aux commentaires portant sur l'article ici !