jeudi 26 mars 2015

Lycéenne mal dans sa peau, mal dans sa tête (deuxième partie)


Pour lire la première partie, c'est par ici.

Mes années lycée n'étaient pas toutes aussi déprimantes que mon début en seconde, où j'avais fini en quelques semaines par me retrouver recluse et isolée la majeure partie du temps. Où je m'étais retrouvée abandonnée par la seule fille qui avait été mon amie. 

Au final, avec le recul, je dirais que j'aurais dû me montrer plus patiente et plus tolérante, disons, vis à vis des autres. Je disais qu'il était idiot d'avoir des standards pour se lier d'amitié. Ce qui signifie en gros que j'avais moi-même des standards d'amitié et que peu de personnes y répondaient. 
Au bout de quelques semaines, bien heureusement, j'ai fini par faire plus ample connaissance avec la seule fille simple de la classe qui était, elle aussi, un peu recluse. Je passerai d'ailleurs les trois années qui suivent en sa compagnie, de manière quasi constante. Bien que notre amitié n'ait pas été aussi profonde (au point d'en être dramatique) que celle que j'entretiens toujours avec ma meilleure amie (qui vit toujours de l'autre côté de la méditerranée), c'est une amitié qui m'a fait du bien pendant ces années de remises en questions adolescentes. 

Ensuite, et de manière assez originale, j'ai fait la connaissance de celui qui allait se révéler être mon meilleur ami au masculin. 

Toujours en seconde, un jour de cours comme les autres, j'ai spontanément adressé la parole à un garçon qui se trouvait être le mec au look le plus marginal de la classe (aka look de metalleux, cheveux longs, et regard pas très commode du haut de ses presque deux mètres de taille). 
C'était limite une scène comique, ce moment, puisque quand je lui ai adressé la parole tandis qu'il était en plein délire avec un autre mec de la même trempe que lui, il m'a lancé un regard What the f***, avant de me répondre de la manière la plus concise et la plus expéditive qui soit. 

Le reste s'est fait via facebook, j'ai dû l'ajouter le soir même ou seulement quelques jours après, et suite à une rapide discussion (c'était un peu les grands débuts de facebook pour nous, alors y avait pas encore de messagerie instantanée) on s'est échangé nos adresses MSN respectives et on a commencé à partir dans tous les sens. 

On s'est toujours tout dit, le pire comme le meilleur, et on a partagé beaucoup de moments douloureux en commun. C'est ce qui nous avait le plus rapproché.

Ces quelques amis que je me suis fait (parce qu'ils n'auront pas été nombreux, et que les deux dont j'ai parlé auront été les deux principales rencontres de ces années) ont pu m'aider à voir le bon côté des choses sur le trajet du lycée. Autrement, ma classe, et parfois même mes professeurs, me révulsaient. J'avais constamment l'impression d'être baignée dans une mer d'hypocrisie
Relire : Ces filles qui n'aiment pas les filles
Le moment où j'ai enfin quitté le lycée était à la fois le moment le plus libérateur et le plus perturbant de mon histoire

Libérateur parce que je quittais enfin cette ambiance hypocrite qui me rendait malade (bien que la terminale ait été l'année la moins détestable des trois, elle avait cependant eu un bon nombre de mauvais côtés). 

Perturbant parce que j'avais l'impression de ne plus avoir d'accroche. Que j'avais même perdu cette accroche pendant le lycée. Je partais en électron libre. Je n'étais plus sûre de ce que je voulais et de ce que j'étais capable de faire. 
J'ai pour ainsi dire vécu toutes les retombées de mes trois années de frustration : une crise post-adolescente en somme, puisque je n'avais pas eu de crise d'adolescence. 

Je partais dans tous les sens. J'ai expérimenté tout ce qui pouvait être nocif pour moi, je me suis laissée aller à bon nombre de soirées passées à pleurer toutes les larmes de mon corps sans trop savoir pourquoi je pleurais. 
Un peu comme si je pleurais pour tout
Le suicide de Samantha, mes échecs familiaux, relationnels, scolaires, mon besoin social inassouvi et mon âme solitaire en peine... 

J'ai mis du temps à me ressaisir et à commencer à me redéfinir. J'ai quitté la blogosphère un bon nombre de fois : je ne savais plus qui j'étais, je ne savais plus quoi écrire. Comme si, dans mon cas, on pouvait dire "Je suis donc j'écris". 

Actuellement, la stabilité est de nouveau au rendez-vous, mais mon esprit est toujours un peu à l'ouest. Comme s'il aspirait à autre chose

J'espère trouver un point d'ancrage, un jour. Quelque chose de vrai, d'immuable, d'invariable. Un truc vers lequel je n'aurais qu'à me tourner dès que je me sentirais perdue. J'attends ce moment là puisque j'ai compris que souvent, il n'est question que de patience et d'assiduité pour aspirer à quelque chose de meilleur


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