mercredi 25 mars 2015

Geisha, roman d'Arthur Golden

J'ai mis du temps à me décider à parler de ma dernière lecture terminée. J'ai dû sans doute déjà le dire sur un autre post, mais le film adapté du roman Mémoires d'une Geisha fait partie de mes films préférés, de cette liste de rares films que j'ai regardé plus d'une fois. 

Je suis tombée amoureuse de l'univers de Geisha. Quand on parle de Geisha, beaucoup froncent les sourcils en s'imaginant qu'il ne s'agit que de l'équivalent japonais des prostituées, alors qu'il n'en a jamais été ainsi. Le mot Geisha se décompose en gei signifiant "art" et sha qui veut dire "personne". En clair, le mot Geisha veut dire artiste. Les Geishas sont des femmes qui, dès leur plus jeune âge, s'évertuent à apprendre tous les arts traditionnels japonais : le chant, la danse, la cérémonie du thé, la musique (le shamisen, sorte de guitare japonaise), mais aussi la poésie, la littérature, la calligraphie, et j'en passe. 

Elles passent en vérité leur vie à apprendre ces différents arts et à s'y perfectionner. Leur maison (okiya) paie leur éducation, et ce faisant, les Geisha contractent une sorte de dette envers celle-ci. 

Plus la Geisha sera populaire et demandée (c'est-à-dire invitée dans les maisons de thé afin d'entretenir la soirée en servant le thé, en alimentant les conversations, en faisant des démonstrations artistiques), et plus elle gagnera bien sa vie et sera capable, en définitive, d'éponger sa dette. 

Atteignant un certain âge, leur mizuage (hymen) pourra être offert au plus offrant, et parfois le prix accordé à celui-ci est si important qu'elles effacent leur dette avant même d'avoir atteint le sommet de leur carrière. Et puis par la suite, elles pourraient se voir solliciter par un homme pour qu'il devienne leur danna (un "patron" ou un "mari" non officiel) qui aura pour rôle de financer leurs spectacles, leur éducation, mais aussi leur habillement voire même leur appartement (sans pour autant être favorisé en aucune sorte, puisqu'il paiera la compagnie de la Geisha au même titre que n'importe qui d'autre). 

Les Geishas n'ont jamais été un sujet tabou au Japon, ce sont des artistes, souvent des femmes admirables aussi bien de par leurs habilités artistiques que de par leur personnalité. Leur vie est cependant remplie de mystère, et, on l'imagine bien, trop idéalisée.

Lire ce roman où l'on découvre tous les détails de la vie d'une Geisha (l'histoire commence dans les années 30) a été une expérience vraiment stimulante, je me suis complètement prise d'affection pour le personnage principal et j'étais fascinée par cet univers. 
A neuf ans, dans le Japon d'avant la Seconde Guerre mondiale, Sayuri est vendue par son père, un modeste pêcheur, à une maison de plaisir de Kyoto. Dotée d'extraordinaires yeux bleus, la petite fille comprend vite qu'il faut mettre à profit la chance qui est la sienne. Elle se plie avec docilité à l'initiation difficile qui fera d'elle une vraie geisha.
Art de la toilette et de la coiffure, rituel du thé, science du chant, de la danse et de l'amour : Sayuri va peu à peu se hisser au rang des geishas les plus convoitées de la ville. Les riches, les puissants se disputeront ses faveurs. Elle triomphera des pièges que lui tend la haine d'une rivale. Elle rencontrera finalement l'amour…
Ecrit sous la forme de mémoires, ce récit a la véracité d'un exceptionnel document et le souffle d'un grand roman. Il nous entraîne au coeur d'un univers exotique où se mêlent érotisme et perversité, cruauté et raffinement, séduction et mystère.
Cependant ce roman n'a pas pour but de dénigrer le rôle de la femme : au contraire, il dénonce le fait que la femme puisse être vue comme ayant pour unique rôle de divertir l'homme et de lui être soumise et dépendante, ainsi que de nombreux autres préjugés et faits.
En effet, une Geisha, sans danna, a peu de chances de prendre son indépendance. 

D'après mes recherches sur l'oeuvre, qui a été très richement documentée et assez fidèle à la réalité, il y a cependant eu des éléments qui ont été sujet à controverse : notamment le fait que la Geisha voie son mizuage mis ainsi "en enchères", comme si cela était un rite de passage. 

Du coup, j'ai découvert qu'il existait un autre roman, écrit cette fois par Mineko Iwasaki, Ma vie de Geisha, en réponse au roman d'Arthur Golden, afin de rétablir la vérité sur la condition de Geisha à travers sa propre expérience (c'est donc son autobiographie). 

Mineko a en effet jugé le roman d'Arthur Golden trop sexuel, trop teinté par les fantasmes occidentaux. Elle a donc entreprit de mettre par écrit 25 ans de sa vie de Geisha, pendant lesquels elle avait fini par être qualifiée de la plus grande Geisha de son époque. 

« Mon nom est Mineko. Ce n’est pas le nom que mon père m’a donné à ma naissance. C’est celui qu’ont choisi les femmes chargées de faire de moi une geisha, dans le respect de la tradition millénaire. Je veux raconter ici le monde des fleurs et des saules, celui du quartier de Gion. Chaque geisha est telle une fleur par sa beauté particulière et tel un saule, arbre gracieux, souple et résistant. On a dit de moi que j’étais la plus grande geisha de ma génération ; en tout cas j’ai frayé avec les puissants et les nobles. 
Et pourtant, ce destin était trop contraignant à mes yeux. Je veux vous raconter ce qu’est la vraie vie d’une geisha, soumise aux exigences les plus folles et récompensée par la gloire. Je veux briser un silence vieux de trois cents ans. » 
Un témoignage exclusif, des révélations à couper le souffle, Mineko Iwasaki nous livre ici un témoignage surprenant sur un art de vivre aussi fascinant que cruel.



Autobiographie qu'il me plairait de lire si jamais je tombais dessus pour pas trop cher.

J'ai toujours eu une fascination prononcée pour ce qui vient de l'Asie. C'est sans trop de surprise que j'ai sauté sur l'occasion de voir le film, et, plus tard, que je n'ai pas hésité à acheter le roman (j'avais d'ailleurs été on ne peut plus surprise de le trouver au marché aux livres au centre ville, comme quoi on peut faire de sacrées bonnes affaires en fouillant bien les caisses poussiéreuses exposées sur la place). 

J'ai pris tout mon temps pour le lire (à savoir qu'il est quand même long : 600 pages pour l'édition livre de poche) et je l'ai savouré jusqu'à la toute dernière page. C'est toujours un peu décevant de se rendre compte que le personnage est inventé et que c'est un homme qui a tout rédigé, puisqu'à ce moment là, je me suis rappelé de certains passages qu'il m'avait été difficile de me représenter comme étant racontés par une femme. D'où mon intérêt pour l'oeuvre de Mineko : plus d'authenticité et moins de teinte occidentale et masculine dans le récit. 

Je tâcherai de me procurer son oeuvre afin d'en faire une comparaison ici. En attendant, il faudra que je me montre patiente. :)



★★★


Relire d'autres #Bookworming :

8 commentaires:

  1. J'avais beaucoup aimé Geisha, j'ai lu et vu il y a un moment déjà et en lisant ton article tu m'as donné envie de relire le roman. Mais peut être devrai-je plutôt lire Ma vie de Geisha, j'ai aperçu le titre plusieurs fois et ça serait nouveau pour moi à découvrir pour le coup et puis c'est une biographie. J'ai pas fini ma lecture de ton article afin de le savourer !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui "Ma vie de Geisha" me donne aussi vraiment envie ! Je tâcherai de me le procurer et d'en parler sur le blog :)

      Supprimer
  2. Ah, tu me donnes envie de lire "Ma vie de geisha" du coup ! J'ai aussi vu le film Mémoires d'une geisha et ça m'avait touchée, mais je l'avais trouvé aussi très occidentalisé. Du coup, le témoignage direct d'une véritable geisha me paraît plus parlant !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, l'histoire est vraiment touchante, comme dit, l'auteur a vraiment capté l'essence de l'expérience de la geisha, mais la teinte occidentale du récit est quand même présente et ça enlève de l'originalité au "témoignage". Donc l'intérêt de lire l'autobiographie est là !

      Supprimer
  3. J'ai adoré ce livre! J'avais vu le film avant de lire le livre et j'avais envie d'en connaitre plus sur les Geisha. Comme toi, elles me fascinent, j'aime l'univers japonais et ce livre est vraiment un bijou. Je ne savais pas qu'il existait une biographie de la célèbre geisha du roman. J'aimerais beaucoup le lire!

    RépondreSupprimer
  4. J'ai lut les deux bouquins que tu présente, ils sont tout à fait différents, on voit bien d'un côté le témoignage et de l'autre la fantaisie. Bien que j'ai adoré Geisha, je pense qu'il est sympa de faire le parallèle avec des fait vécus.
    Bises
    Ara

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ton avis, je viens justement de commander Ma vie de Geisha :)

      Supprimer

Aux anonymes : ne pas oublier de signer.
Je réponds aux commentaires portant sur l'article ici !