jeudi 26 février 2015

Lycéenne mal dans sa peau, mal dans sa tête (première partie)



« Tu verras, franchement, la seconde c'est magique, tout change, les années lycée seront sans doute les meilleures de ta vie. »

Suite à l'affirmation sincère de cet ami, j'ai entretenu l'espoir que le fait d'être lycéenne allait m'apporter beaucoup de choses. Que j'allais vivre tous les types d'expériences sur lesquelles on fantasme en regardant les séries américaines. Peut-être que si cet ami ne m'avait pas affirmé ça, j'aurais mieux vécu mes années lycée en n'étant pas dans l'attente de vivre des choses excitantes. Peut-être que j'aurais davantage pris le temps de prendre mes marques. 

La fin du collège

Mon année de troisième avait été riche en événements. Elle avait été totalement déboussolante. J'ai toujours été une fille sans problèmes à l'école, mais je dois avouer que mon année de troisième allait sans doute ouvrir la voie vers certains égarements. Après un certain temps d'incubation. 

Sans trop entrer dans les détails (puisque ce pourrait être des sujets de Throwback Thursday ultérieurs), en troisième  je vivais ma première vraie période de transition. On sentait que les professeurs voulaient commencer à nous préparer à l'enseignement secondaire. Ca aussi, ça entretenait tous mes espoirs pour la suite : le lycée promettait d'être génial. 

En troisième, je vivais mes premières expériences avec mes amies de longue date. Nos premières sorties vraiment significatives, nos premiers projets (danse, théâtre, écriture...). 

En troisième, je vivais ma première relation avec un garçon (qui fut désastreuse, aussi bien pour mon mental que pour mes amis et ma famille, aussi courte fut cette relation, elle avait failli tout détruire sur son passage). 

En troisième je vivais ma première rupture et ma première dépression.

En troisième je vivais ma première (et unique à ce jour) dispute astronomique avec ma meilleure amie. 

En troisième je vivais ma première expérience de la mort : le suicide de ma plus vieille amie, et la longue période de dépression qui s'en suivit. 

En troisième je faisais mes débuts sur le net. 

En troisième j'enchaînais mon premier examen, mon premier bal de fin d'année (bal de promotion), ma séparation douloureuse avec ma meilleure amie qui s'envolait au delà de la méditerranée. 



Et puis l'été était arrivé. Tout était fini. Je n'avais plus de nouvelles de personne, surtout pas de ma meilleure amie qui n'avait pas internet avant la rentrée. Je me sentais terriblement seule, j'essayais de trouver du réconfort sur internet ; mon père avait consenti à installer un ordinateur dans ma chambre. J'ai fait certaines e-rencontres significatives, qui m'ont permis de me sentir soutenue pendant ces deux mois d'incubation et d'intégration de toutes les choses dont j'avais pu faire l'expérience pendant cette année mouvementée. 

Et la rentrée se profilait à l'horizon. 

La rentrée dans le secondaire

Je ne pensais plus qu'à ça, tentant tant bien que mal d'occulter le reste. Je voulais vivre tout ce qu'on m'avait promis, j'avais beaucoup d'attentes, je voulais me lier d'amitié avec de nouvelles personnes, m'intégrer, adorer ma vie de lycéenne. 

J'avais beaucoup trop d'attentes, je crois, et j'ai de ce fait récolté beaucoup de déceptions. 

Nous étions que deux filles de mon collège à avoir choisi d'aller dans ce lycée là. J'avais eu de la chance, j'avais pu être dans la même classe que cette fille qui se trouvait être l'une de mon groupe d'amies de collège. On s'était un peu rapprochées à la fin du collège parce qu'on savait qu'on allait pouvoir être ensemble ensuite. 

Mais on avait vite fini par prendre deux chemins différents. Elle avait vite fini par m'abandonner. 

Je ne sais pas ce qui l'attirait tant que ça vers les autres filles de la classe, filles que je trouvais superficielles et pas franchement amicales, ayant le jugement facile et des standards hauts, hautains. Mais bon, elle avait fini par complètement se lasser de ma compagnie pour aller parler sacs et chaussures avec ces filles. 

Moi, tu vois, je venais pas des beaux quartiers et je pouvais pas me permettre d'être à leur hauteur. Elles étaient pas du tout mon type. Alors, ayant quand même fait l'effort d'essayer, j'ai fini par me raisonner à ne pas faire comme mon (ex) amie, à ne pas tomber plus bas que terre pour ramasser leur amitié pas si valorisante que ça. Et me voilà seule, alors que quelques semaines me séparaient de la rentrée, alors que des groupes se formaient dans la classe. 

J'étais seule. 

L'impact de cette solitude sur mon mental

Je me considère depuis lors comme était quelqu'un d'assez solitaire. Je n'arrive pas à me lier d'amitié, surtout avec les filles (je pense qu'à l'heure actuelle je ne peux compter que deux amies filles dans mes proches). 

Le fait que mes interactions sociales étaient assez réduites au lycée faisait que je m'étais rabattue sur le développement de ma propre personnalité. Mon jardin secret. Comprendre par là, mon blog. J'écrivais beaucoup, j'échangeais beaucoup, j'avais des projets d'écriture en tête, je voulais trouver mon compte ailleurs. 

J'ai fait des e-rencontres, comme je le disais, avec tous ceux et celles qui se sont aventurés sur mes pages de blog de l'époque. Je pense surtout à un garçon en particulier qui a été pour ainsi dire une sorte de mentor pour moi, que je n'ai jamais rencontré en vrai mais avec qui je discutais quotidiennement et qui m'avait permis de m'épanouir dans la musique, le cinéma, me proposant toujours d'écouter tel groupe ou de regarder tel film. 

Ca me fait chaud au coeur d'y repenser, il a été d'une grande aide pour supporter le fait de me rendre compte que j'étais pas une fille sociable, mais même plutôt marginale. 



Je me trouvais trop tranchée (je continue à le penser par moments), retranchée dans ma capsule de protection pour éviter de faire des rencontres inutiles et les regretter. Je me trouvais presque même méchante. Le genre de nana qui entre dans la salle de classe balayant celle-ci d'un regard blasé, voir dégoûté. Genre putain, mais qu'est-ce que je fous là, quoi. 

Qu'est-ce que je foutais là. 

Un profond gouffre se creusait dans ma poitrine. Lié à la solitude, à mes expériences de perte, à ma désillusion. 

J'étais mal dans ma tête. Je me cherchais, je me remettais en question, tous mes choix, tout mon chemin. 

J'ai accumulé de la rancoeur envers moi-même et envers les autres. J'en voulais à tout le monde. 

J'étais terriblement mal.




>> A suivre... par ici.


2 commentaires:

  1. Parole de vieille, les plus belles années sont celles des études après le lycée ! L'indépendance, les soirées, l'insouciance, la LIBERTE !!!
    Bon, du coup, j'espère ne pas te mettre la pression car je vois que tu as 21 ans, tu dois être en plein dedans ;)

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  2. Oui, je pense pas encore avoir assez de recul pour pouvoir donner un avis d'ensemble sur mes années post-bac puisque je suis encore en plein dedans, mais c'est certain que je les vis mieux que mes années lycée :)

    Merci à toi d'être passée !

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